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Orange Mécanique

Orange Mécanique

La première inclassable de nos essais se devait d’être une « light », et quel meilleur gisement que l’Angleterre pour dénicher d’incroyables engins à moteurs posés sur quatre roues. Une base de Caterham pour l’histoire, une mécanique moderne pour les perfs et un châssis « à l’ancienne », secouez le tout et vous obtenez un véritable cocktail Moloko Plus* à consommer sans modération !

La diffusion confidentielle de Caterham dans l’hexagone rend l’oiseau plutôt rare sur nos routes. À l’inverse, de l’autre côté de la Manche, vous avez de bonnes chances d’en croiser une sur l’autoroute à peine descendu du ferry, et sous la pluie… Et l’engin en question sera plus probablement issu de l’imagination d’un passionné bricoleur que de l’usine de Dartford.
Aujourd’hui on vous présente donc un montage de Cat’ comme on en trouve des centaines chez nos amis britons, un concept ultra léger… ultra performant… ultra violent… façon Orange Mécanique.

Minimaliste

Tout commence par le châssis, l’idéal étant de dénicher une pièce originale de chez Arch Motor dont la réputation du classique treillis tubulaire en acier soudé à la main n’est plus à faire. Habillé de panneaux en alu patinés et un peu craquelés par le temps, ce châssis sera le point de départ d’un montage de qualité. Pour le reste, ni porte ni pare-brise, tout juste des rétros et un aeroscreen pour limiter la résistance au vent, ce qui rend l’usage du casque intégral obligatoire au dessus de 90…

Radicale…

Une Cat’ c’est spartiate, l’Orange Mécanique c’est radical… Ne cherchez donc pas d’équipements de confort, les photos parlent d’elles même… de l’alu, un volant, un pédalier, une sorte de champignon pour changer les vitesses, une mousse en guise de siège et deux trois cadrans sous les yeux… Bienvenue à bord !

Bienvenue chez Joe…

Mécaniquement, l’objectif est d’en avoir beaucoup pour pas cher, à commencer par le moteur. Pour les anglais, Ford reste LA référence pour motoriser un engin léger sans se poser de questions, Crossflow – Zetec – Duratec, tout ce qui est sorti de chez Ford a fini un jour ou l’autre sous le capot d’un kit car anglais, à fortiori d’une Caterham. Si l’on est loin de la noblesse d’un 6 en ligne béhème ou de la technologie d’un Honda Vtec, les 4 cylindres Ford sont réputés fiables et il n’en faut pas plus pour que de nombreux spécialistes se penchent sur leurs cas. La bonne base, c’est le bloc sorti tout droit du monospace à papa, car il se révèle bien malgré lui capable d’encaisser de furieuses préparations en restant deux fois plus fiable qu’un DCi de chez nous… sic !

Nous sommes ici en présence d’un classique Ford Zetec 2 litres, auquel on a greffé une injection 4 papillons, un collecteur 4 en 1, une ligne inox et une cartographie « qui va bien » pour lui faire cracher 200 bourrins sans même qu’il ne s’en rende compte… Une sorte de montage à la Joe Bar Team, Edouard Bracame en tête !

Quelles sont les alternatives pour la boite de vitesses et le pont ? Pas mal de choix à vrai dire… mais il faudra la plupart du temps souder/adapter pour greffer tout ce petit monde au châssis. C’est une fois encore le choix de la simplicité qui a été retenu dans le cas de notre Orange Mécanique, un pont de Ford Sierra (en Angleterre il n’y a qu’à se pencher dans la rue pour les ramasser…) accolé à une rustique boite 4 rapports et l’affaire est dans le sac. La récup’, ça ne date pas d’hier mais ça a du bon !

Au final cette Caterham arbore une fiche technique quelque peu déroutante, ce qu’il faut en retenir, c’est un châssis tubulaire conçu par Lotus qui a fait ses preuves depuis un demi-siècle, un moteur qui développe 200cv en toute décontraction, une boite quatre rapports avec différentiel autobloquant et un poids tout mouillé qui dépasse à peine les 500kg…

Orage Mécanique…

C’est par une belle journée de printemps que nous déchargeons cette Caterham un peu spéciale au milieu des Lotus Exige, Two-Eleven et autres Cat’ R300 d’usine. Une étrange impression d’engager la doyenne d’une maison de retraite face à l’équipe anglaise d’athlétisme plane dans l’air….

Ah oui, j’oubliais le circuit… nous sommes sur le Bugatti au Mans, terrain d’évolution à priori peu favorable à l’auto avec ses 12 mètres de largeur de piste, ses courbes rapides en appui et ses gros freinages… tout ce qu’il faut pour mettre en difficulté l’archaïque châssis à voies étroites, la boite 4 d’un autre âge et les disques de freins aussi larges qu’un CD des Beattles…  En plus, à l’arrière, il y a toujours les tambours d’origine, pour le sport bien sûr !

C’est quand même beau l’injection électronique 4 papillons, un coup de clé et le bouilleur démarre au quart de tour avant de se stabiliser sur un ralenti parfait, comme dans un monospace !

Comment vous faire vivre par le texte les sensations distillées dans l’Orange Mécanique ? Pour résumer, disons qu’avec un nom pareil il fallait bien s’attendre à un déchainement de violence à tous les étages… Le bloc Ford, habitué à tracter les 1.6T du C-Max, n’en revient pas lui-même de la facilité avec laquelle il envoie votre dos tâter de l’alu à chaque accélération. Et pour le comportement, tant qu’il n’y a pas de nuages dans le ciel et que la piste est sèche tout va bien !

Plus sérieusement, on retrouve l’agilité et l’efficacité d’une Caterham, dans de bonnes conditions d’adhérence le châssis se révèle efficace, bien épaulé par les Yokohama (A032R à l’arrière et A048R à l’avant) qui travaillent au top grâce au poids plume, une combinaison gagnante même ici sur un tracé rapide. Au delà de l’agilité générale que l’on connait, le pont rigide, l’autobloc’ et les 200cv font la différence en rendant le comportement vraiment fun !
Moins efficace qu’une R300, la voiture est dans l’ensemble plus prévenante, le pont rigide téléphone toutes ses réactions à votre fessier qui transmet naturellement les corrections à appliquer aux commandes, si la technique est toujours indispensable pour tirer le meilleur du châssis, la part d’instinct conserve ici une place de choix.
Au freinage, le double CD best of des Beattles tient le choc à l’avant… et pour être franc, on ne sait pas trop si les tambours ont encore un quelconque effet à l’arrière après quelques tours de piste…c’est bien le point à améliorer car l’auto est certes légère, donc peu sensible à l’échauffement, mais la constance des tambours est par définition toute relative, ça fini par louvoyer en ligne sur les gros freinages.

Verdict ? le tour du Bugatti bouclé en 1’52’, pas mal pour une mamie rafistolée…

Dans les stands l’étonnant vilain petit canard intrigue… on se penche dessous, on vient à deux, on se chuchote des petites confidences à l’oreille en désignant du doigt le compartiment moteur et parfois on se risque même à une question ou deux «  Et comme boite qu’est-ce que c’est ? » « Une boite quatre avec un pont de Sierra… Ah oui… tiens…» « Et les freins ? » « Des tambours… d’accord… d’accord »  des réponses qui provoquent souvent la surprise, car peu en adéquation avec le résultat visible sur la piste.
Évidemment, sous la pluie la donne aurait été toute autre… avec le pont rigide, les voies étroites, la puissance et le faible poids, c’est avec le couteau entre les dents que l’engin aurait peiné à suivre le rythme du trafic, voire à rester sur la piste….

Petite vidéo Onboard, on s’excuse d’avance pour la qualité !

Guéri pour de bon !*

Le plaisir des sensations brutes retrouvées à bord d’un tel engin est indescriptible, le châssis renvoie toutes les infos sans aucun filtre, un peu à la manière d’un kart surmotorisé. J’entends crier au scandale au fond de la salle, un Zetec dans une ancienne, ouuuuuuh !!!  L’idée de « l’origine » est un concept quand même bien de chez nous, législation oblige… en Angleterre l’inventivité en matière d’engins roulants n’a pas de limites, quasiment tout peut s’immatriculer, n’oublions pas non plus que les premières Lotus étaient des assemblages issus de l’esprit de Sir colin Chapman et, finalement, tout ça reste bien anglais…

 

Points forts Points faibles
  • Brut de brute !
  • Sans filtre et sans filet
  • Fun et efficace… sur le sec
  • Montage fiable
  • Cocktail addictif
  • Tambours à l’arrière
  • Comportement « tendu » sur l’humide
  • Aïe le dos… les côtes… les genoux….

*Références et répliques issues du cultissime « Orange Mécanique » (a Clockwork Orange) de Stanley Kubrick

Sous un autre angle…

Les liens utiles pour tout savoir sur la Seven et même plus

Le site Sevener est incontournable, c’est la bible de la Seven en français, ultra documenté avec un forum très actif : http://sevener.fr

Le Club Caterham France, infos, actus et membres dynamiques pour répondre à toutes vos questions : http://club-caterham-france.fr/

Le Club Lotus France, avec son forum actif et ses nombreuses sorties circuit :
http://www.club-lotus.fr/

Seven Passion  http://www.seven-passion.com

 

Stéphane Muguet
Texte et
Photos

Stéphane Muguet
Passionné de Sport Automobile, de techniques de pilotage et de technologie, j’aime partager et surtout échanger car les évolutions et avancées dans ce domaine sont infinies. Je reste convaincu que se remettre en question demeure la seule démarche pour progresser et avancer… Toujours plus vite.
http://www.driving-experience.fr

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