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Ariel ATOM 300

Ariel Atom 300

La limite…. c’est vous !

Ariel, un nom qui évoque chez nous des performances très éloignées du sport automobile…. plutôt dans le genre qui lave plus blanc que blanc, comme dirait Coluche. A bien y réfléchir, c’est vrai que les anglais ont le chic pour choisir des noms de voitures de sport qui prêtent à sourire de notre côté de la Manche, si vous parlez de Lotus à un non initié, il vous vantera des qualités telles que le confort ou la résistance… tout faux !

Heureusement pour nos amis british, l’Ariel Atom se charge de remettre les pendules à l’heure… Difficile de faire plus minimaliste que cette machine à 4 roues, prenez une Caterham, enlevez lui ses panneaux en aluminium et passez le moteur à l’arrière, vous voilà dans une Ariel Atom. Évidemment, le concept est anglais à 110%, toujours plus petit, toujours plus léger. « Light is right » n’est plus la devise de Chapman pour ses Lotus, c’est devenu l’hymne national Briton pour tout ce qui roule !
L’Atom ne fait pas honneur au concept, elle le sublime….

Plus light que light !

Comment se prononcer sur le design d’un châssis nu ? Car l’Atom n’est qu’un assemblage de métal et de carbone, une sorte d’insecte « technique » à 4 roues qui ne laisse personne indifférent, on aime, on déteste… mais elle évoque à tous un sentiment de performance ultime !

Les concepteurs de l’Atom ont décidé d’associer leur châssis à une mécanique japonaise. Vous trouvez ça curieux ? Pas tant que ça… La passion des japonais pour l’automobile et leur souci de la perfection ont de quoi séduire nos voisins anglais, passionnés eux aussi.
Le moteur retenu est le 2l V-Tec de la Civic Type-R, un bouilleur capable de cracher 200cv à plus de 8000Trs/mn dans une envolée lyrique à vous dresser les poils sur les bras ! Une bonne base quoi… mais pas suffisante pour les ingénieurs anglais. Et si on lui collait un compresseur ? En voilà une bonne idée pour transformer le pétard nippon en bâton de dynamite !
Résultat, le 2l passe de 200 à 300 cv (rien que ça) et le couple fait un bon de 196 à 285 Nm, ce qui permet de faire dégringoler le rapport poids puissance à 2,2 Kg/ch…. équivalent à celui d’une Bugatti Veyron.

Un mode essorage… à 8000 trs !

On a écrit tellement de choses sur l’Ariel… et vu des images plus incroyables les unes que les autres sur le Net ou à la télé qu’il y a forcément un peu d’appréhension avant de monter à bord de la bête. Mais pour être tout à fait honnête, je la connais assez bien cette Atom puisque j’ai passé quelques heures dans le baquet de droite et eu la chance d’en prendre le volant à l’occasion. Mille merci au passage à Jean-Baptiste pour la confiance accordée, dans les 2 baquets.
Le premier bon point revient à la position de conduite, excellente. Fallait-il en douter quand l’objectif d’une telle machine est d’offrir la meilleure expérience de pilotage possible ? Mention particulière au pédalier, pièce maîtresse qui offre ici un toucher et un agencement dignes d’une monoplace. A noter les curieux sièges en plastique moulés d’un seul tenant (conducteur et passager), légers certes mais à l’aspect discutable et au maintient limité comme nous le verrons un peu plus tard.

C’est le tracé de Fay de Bretagne avec sa très longue ligne droite de près de 900m qui nous accueille pour cet essai hors normes. Sanglé, casqué, volant en mains, il est temps de s’élancer sur la piste.

La voiture fait preuve de beaucoup de souplesse, elle se laisse emmener sur un filet de gaz et l’on ressent déjà tous les bienfaits de son faible poids. Souple et précise, deux qualificatifs étonnants pour un engin aux allures de F1 de la route, cette Atom cacherait-elle son jeu au point de nous tromper sur la marchandise ?
Visiblement capable de prendre soin de vous pour aller au bureau, voyons ce qui se passe en haussant un peu le rythme. Premier constat, la voiture gagne en agilité et le Honda respire de mieux en mieux, la vitesse augmente et la voiture reste facile… sûre…. efficace. A cette allure, sans trop forcer, vous laisserez derrière vous à peu près tout ce qui est de série. En fait il faut comprendre qu’à ce stade, au volant de l’Atom, il ne s’est encore rien passé…. On est presque en sous régime et sur des « demis-appuis » en courbes…
C’est à partir de 5000 Trs/mn que la charge va sonner, et là… il va falloir se réveiller car les voitures que vous laissiez derrière tout à l’heure à mi-gaz, arrivent très vite devant, façon chicanes mobiles….

Derrière ça pousse sans discontinuer autant que ça siffle, et devant ça défile presque en accéléré, vous pensez avoir dépassé les 100 à mi ligne droite, le compteur affiche 200… Il va falloir prendre de nouveaux repères… Je dis toujours que le compteur de vitesse n’a pas d’importance quand on pilote, qu’il faut s’intéresser à ce qui se passe loin devant, mais mon œil est irrésistiblement attiré par cette aiguille folle qui grimpe presque aussi vite que le compte-tours , impressionnant.

Freins ! Au bout de la ligne droite de Fay de Bretagne le compteur redescends encore plus vite qu’il n’est monté, la décélération est ultra-franche, la voiture plonge un peu et reste bien en ligne… volant marqué sur dégressif léger, le train avant s’inscrit, la voiture se met en appui dans la grande courbe on remet un filet de gaz puis accélération en sortie sur gros freins avant le droite qui se resserre, on emmène les freins en entrée, l’arrière suit sans broncher. Malgré les repères que je peux avoir sur cette piste, il faut bien admettre que dans cet enchaînement il manquait de tout… partout…. Gaz lâchés trop tôt, pas assez de freins et surtout pas assez de vitesse dans le long droite du fond…

Après plusieurs passages, le rythme augmente mais la voiture m’apparaît difficile à cerner. Si on tente la comparaison avec une Caterham, l’Atom est plus rigide, plus large et donc plus précise mais me semble moins communicative. La faute aux sièges en plastique trop souples ? Possible… Ils se déforment en appui, en accel, au freinage et renforcent la sensation de flou perçue. Résultat, les limites me semblent plus difficiles à évaluer. Deux baquets bien rigides me paraissent indispensables pour vraiment faire corps avec la voiture.
En revanche la direction et le pédalier sont justes parfaits, ils offrent fermeté et finesse pour ajuster/corriger une pression de frein ou un angle de braquage, un pur bonheur !

Moteur et boite se font totalement oublier, le meilleur compliment si l’on considère qu’ils permettent de se concentrer sur le pilotage.

Conclusion

Une expérience, voilà ce que propose l’Ariel Atom à celui qui aura la chance de s’installer derrière son volant. Engin hors normes de par sa présentation et sa conception, cette voiture politiquement incorrecte sur la route est née pour la piste, seul endroit où elle pourra révéler un pourcentage de son potentiel proportionnel à la technique que vous êtes capables de partager avec elle. Ne vous trompez pas, les lois physiques liées au déplacement d’un véhicule à quatre roues sont ici repoussées sur une échelle inconnue des sportives ou GT de série, et rien ni personne ne pourra corriger les petites ou grosses erreurs que vous pourriez faire aux vitesses stratosphériques que l’Atom est capable d’encaisser.

Vous voilà prévenus, au volant de l’Atom, la limite… c’est vous !

Points fortsPoints faibles
– Performances !
– Potentiel ahurissant
– Peut rouler sur la route !
– Originalité
– Sièges d’origines en plastique
– Rare sur nos routes…
Textes et photos – Stéphane Muguet
Stéphane Muguet
Passionné de Sport Automobile, de techniques de pilotage et de technologie, j’aime partager mais surtout échanger, car je reste convaincu que se remettre en question demeure la seule démarche pour progresser et avancer… Toujours plus vite !
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