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BMW 323i E21

BMW 323i e21

6 en ligne cherche jeune cadre dynamique

Jeter un 6 cylindres dans une compacte en plein choc pétrolier ? De quoi faire sourire une concurrence frileuse qui préfère se concentrer sur les motorisations « d’avenir » à base de mazout. Mais lors de sa présentation en 1977, la 323i fait l’unanimité auprès de la presse spécialisée, de quoi effacer les sourires et faire grincer quelques dents…

Tout juste sortie de la crise grâce à la dynamique série 02, la firme munichoise souhaite affirmer ses ambitions sportives sur le segment des compactes. Disposant d’excellents 6 cylindres dans ses routières, l’idée d’installer ce type de motorisation dans la petite nouvelle démange…
Quant à la cible, elle semble déjà toute trouvée ! L’innovation et les prétentions routières/sportives des versions 6 cylindres s’adresseront aux jeunes cadres dynamiques des années 70, costard la semaine, baskets le week-end, la série 3 devra être à l’aise sur les deux tableaux.

La french touch

La première génération de série 3 tombe des chaines en 1975 sous le nom de code « E21 ». Elle s’inspire de sa grande sœur, la série 5 E12, dont la ligne fluide et dynamique séduit une clientèle aisée en recherche de sportivité. La 323i que j’ai sous les yeux est superbe, identique dans cette livrée grise au modèle qui s’étalait dans la plaquette promotionnelle que je feuilletais quand j’étais gamin, et si aujourd’hui elle parait bien fluette face aux standards actuels, cette face avant avec son célèbre « shark nose », me fait toujours le même effet !
Il faut reconnaître que le designer français Paul Bracq signe ici un coup de crayon à la fois élégant et sportif, qui prend toute sa dimension avec la calandre 4 phares réservée aux versions six cylindres 320 et 323. Notez les 2 sorties d’échappements réservées à la 323i, moyen infaillible pour l’identifier lorsqu’elle vous dépasse (au cas ou vous auriez loupé dans votre rétroviseur la petite inscription sur la calandre…).
Affublée de 4 magnifiques jantes BBS et d’un large bandeau en plastique rouge « BMW » sur la malle arrière (accessoire d’époque, on aime ou pas….) voilà notre modèle d’essai tout droit sorti des eighties !
Seule génération de série 3 à n’avoir existé qu’en 3 portes, elle fait partie d’une époque lointaine où un constructeur pouvait encore se permettre de cibler une clientèle restreinte au détriment de la rentabilité…

Le maître à bord

La portière s’ouvre sur un univers tout de bleu vêtu, des moquettes aux panneaux de portes en passant par les sièges, l’ensemble est rigoureux et bien construit, à l’allemande…. C’est en s’installant derrière le volant sport 3 branches (option d’époque) que l’on perçoit le travail effectué sur l’ergonomie, cet environnement semble conçu pour isoler le conducteur de tout ce qui pourrait le détourner de l’essentiel, son plaisir de conduite (on y reviendra). Le tableau de bord vous sert toutes les commandes à portée de mains, l’occasion de constater que notre exemplaire d’essai a particulièrement bien traversé les décennies, tout est fonctionnel et dans un remarquable état de conservation. Ce n’est malheureusement pas toujours le cas sur cette génération, le tissu des sièges ayant tendance à s’effilocher et la planche de bord supporte assez mal les longues expositions au soleil (déformation, craquelures).

Patron, un 6 en ligne ! sinon rien…

Le puriste qui se respecte vous dira que le cœur d’une « béhème » doit battre au rythme d’un six en ligne… essence !
Grâce à son long museau, la petite série 3 parvient à loger le six cylindres maison sous son capot sans trop de difficultés. Le bloc « M20 » a fait ses armes avec brio dans la berline série 5 et c’est une grande première pour l’époque de jeter un bloc de cette cylindrée dans une voiture de cette catégorie.
Résultat de cette greffe, avec 2316cc et une injection mécanique Bosch K-Jetronic, ce moteur développe 143cv à 6000 Trs/mn, de quoi propulser la petite BM de 0 à 100 en 9,4s et atteindre 190Km/h en pointe, des chiffres qui ne font trembler personne en 2019 mais qui en faisaient une vraie sportive en 1980 !

Le plaisir de conduire

Ma première approche avec cette 323i s’est faite sur le circuit de Fay de Bretagne, près de Nantes. Après quelques échanges avec Christophe, propriétaire passionné, je me retrouve à ses côtés pour une petite évaluation sur piste, l’occasion de découvrir le pilote et sa voiture. Christophe est à l’écoute, il connait bien son auto et l’utilise « à l’instinct », quelques corrections permettent de gagner en fluidité et au fil des tours on peut dire que le rythme n’est pas ridicule… Le six en ligne nous emmène avec facilité à plus de 170 et la voiture s’agrippe vaillamment à l’asphalte, se couchant plus que de raison en appui mais conservant la trajectoire demandée par le pilote. J’éprouve cependant quelques difficultés à rester sur mon siège, m’accrochant comme je peux pour ne pas finir sur les genoux de Christophe… Dommage que notre modèle ne soit pas équipé des magnifiques Recaro qui étaient proposés en option (au prix d’un bras… voire deux…), ils nous auraient été bien utiles aujourd’hui !

Après ce galop d’essai nous reprenons la voie des stands pour le traditionnel débrief de fin de session, Christophe me propose alors de prendre le volant pour quelques tours. Je marque un temps d’hésitation (comptez 1 seconde…), avant d’accepter par pur professionnalisme !

Je m’installe derrière le grand volant et trouve rapidement la bonne position de conduite, s’ensuit un premier tour pour prendre les bonnes marques et s’habituer aux commandes. La direction est agréable mais sa précision varie en fonction de la vitesse, un peu déroutant… La commande de boite est bien guidée, les débattements assez courts, deux bons points ! Mais que les rapports sont longs… On comprend mieux l’intérêt de la boite courte proposée au catalogue, avec sa 1ère décalée en bas à gauche c’est aujourd’hui encore l’option ultime de la 323i, ultra prisée des amateurs.
Pour épauler la boite, il y a ce moteur, d’une souplesse incroyable. Il entraîne dans une sonorité métallique et sans fatiguer notre 323 à fond de 4 au bout de la longue ligne droite de Fay et possède déjà toutes les caractéristiques des 6 en lignes qui feront le succès de la marque, de quoi ravir les amateurs de belles mécaniques et susciter les envies des préparateurs qui en feront une machine de guerre en compétition.
Niveau freins, malgré une pédale au feeling peu agréable et une course trop longue, ils ne s’en sortent pas si mal, mais question endurance… c’est une vraie BM !
Le châssis, trahi par le roulis, accuse son âge, ça se couche beaucoup en appui mais l’ensemble est mobile, limite joueur et s’en sort avec les honneurs ! Grâce à l’autobloquant ça motrice bien, la voiture sort des virages efficacement et si l’on pige le mode d’emploi sans vouloir en faire trop (traduisez « vautrer la voiture dans le serré… ») on enchaîne les virages en gardant de la vitesse dans une ambiance Rock & Roll !

Et sur la route ?

Rapide et agile en piste, c’est vraiment sur la route que cette 323i donne le meilleur d’elle même. Le châssis se révèle être un super compromis entre confort et tenue de route, le roulis est toujours présent mais sur un rythme plus « coulé / rapide » l’ensemble fait preuve d’une belle homogénéité. Remise dans son contexte de l’époque, cette BM était résolument performante et moderne face à une concurrence… inexistante sur ce créneau.

La seule capable de lui tenir tête en 1977 ? Une certaine Golf GTi…
Mais plus petite, avec seulement 4 cylindres et beaucoup moins chère les 2 autos n’avaient ni la même image, ni la même philosophie.

Le bilan

Si aujourd’hui la série 3 est la locomotive de la firme bavaroise, c’est sans doute grâce à l’audace dont BMW a fait preuve en jetant un 6 en ligne sous le capot de la première génération. Derrière le volant, on comprend ce qui a fait son succès, elle réunissait déjà tous les codes qui ont bâti la réputation du modèle : sportivité, compacité, qualité de fabrication.
Youngtimer emblématique, collector en devenir, cette 323i possédait déjà, en 1977, tous les gênes d’une « M » avant l’heure, ce qui n’a pas échappé à un autre préparateur, mais ceci est une autre histoire….

Points fortsPoints faibles
– 6 en ligne souple et performant
– Sonorité inimitable !
– Ligne réussie, face avant emblématique
– Tempérament sportif affirmé
– Graine de « M » !

– Boite 5 trop longue (boite courte en option)
– Roulis…. ça penche !
– Maintien des sièges d’origine
– Certains matériaux fragiles


Sous un autre angle…

Stéphane Muguet
Passionné de Sport Automobile, de techniques de pilotage et de technologie, j’aime partager mais surtout échanger, car je reste convaincu que se remettre en question demeure la seule démarche pour progresser et avancer… Toujours plus vite !
https://www.driving-experience.fr

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