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Peugeot 106 S16

Peugeot 106 S16

Digne héritière

Avec l’arrivée de la 106, Peugeot change son fusil d’épaule en remaniant toute son entrée de gamme. Exit le segment de la 205, il y aura désormais une variante de catégorie supérieure, représentée par la 306, et la petite 106, citadine qui sera déclinée en de multiples versions sportives. Si la Peugeot 106 S16 est encore peu convoitée à l’heure où la 205 GTi vient d’entrer dans la légende, elle vient pourtant de franchir le cap des 20 ans !

Et oui, déjà 20 ans que cette 106 est tombée des chaines…. Plutôt discrète dans le paysage automobile des années 2000, elle se fait aujourd’hui presque aussi rare que sa désirable aïeule. Cousine de la Saxo VTS 16v, elle fait partie d’une espèce aujourd’hui disparue, celle des GTi atmosphériques rageuses et joueuses capables de transmettre au conducteur des sensations sans filtres. Cette 106 pourrait bien être la dernière représentante de l’ère GTi initiée en 1976 par la Golf… Et peut être aussi la plus aboutie de toutes les petites sportives de cette génération… Contact !

Look BCBG

Peintures métallisées, kit carrosserie discret, intérieur cossu, la petite lionne s’offre une présentation flatteuse qui oscille entre sportivité et bourgeoisie, le compromis idéal pour faire mouche dans les beaux quartiers. Ajoutez y un équipement de série assez riche pour une citadine de cette génération et vous obtenez le petit haut de gamme parfait pour faire les courses au Monoprix… juste au coin de la rue !
Cliché ? oui et non, la pub de l’époque ciblait ouvertement une clientèle féminine BCBG mais n’oubliait pas de mettre en avant le plaisir de conduite, monsieur étant prêt à tout pour une virée au volant de la voiture de madame, pour ceux qui se souviennent encore de la chenille…..

La S16 profite du restylage de la 106 phase 2 pour se parer d’un kit carrosserie et de jantes alu 14 pouces qui lui donnent la petite touche sportive, discrète mais réussie. Tellement réussie et appréciée que ces éléments seront repris sur certaines séries spéciales, on se souvient notamment des 106 « Quicksilver » ou « Enfant Terrible ». Pas facile dans ces conditions de différencier une S16 de ses petites sœurs en survêtement, le moyen le plus simple étant de repérer les badges distinctifs sur les portières.

Et la moquette rouge !?

A l’intérieur, c’est pas Versailles…. Exceptés les 2 sièges baquets, le tissu spécifique et les fonds de compteurs blancs de notre version 2000, rien ne différencie la S16 de la 106 de votre grand mère. Relativement bien finie et assemblée, on reste cependant sur sa faim niveau sport, pas même une touche de couleur en série, c’est triste et bien trop germanique…. Malheureusement c’est la tendance générale à la fin des années 90, chez Peugeot ou ailleurs on joue la sobriété et on limite les signes de sportivité pour jouer le politiquement correct, faut dire que ça y est… « la vitesse, c’est dépassé ! »

Au chapitre équipement, tout dépendra du millésime, il y a de bonnes et de moins bonnes cuvées ! Lors de sa sortie en 1996 la S16 possédait de série l’ABS, les rétros électriques dégivrants, le volant cuir et d’autres petites attentions qui rejoindront par la suite la liste des options ou disparaîtront purement et simplement du catalogue. Le modèle 2001 que l’on a entre les mains n’a qu’une option mais c’est l’une des plus sympas, le toit ouvrant à ouverture manuelle, idéal à l’arrivée des beaux jours !
Allez, il y a quand même ce petit détail qui passera totalement inaperçu pour le néophyte mais qui excitera les pupilles du pilote qui sommeille en vous, une zone rouge qui démarre à 7200 Trs/mn, pas banal et autrement plus sympa que la montre XXL de la 106 de mamie !

Génération 16 soupapes

Peu provocante en apparence, la gamme S16 de Peugeot va surtout miser sur ce qui ne se voit pas, et ça commence sous le capot avec le 1600cc équipé d’une culasse à 16 soupapes et de 2 arbres à cames en tête. « 1,6L S16 », ça sonne bien pour une citadine énervée et j’avoue avoir un faible pour les « petites » cylindrées pétillantes, les envolées du 1,6 de la 205 GTi m’ont toujours plus convaincues que le couple et la linéarité du 1,9….

Donc 1,6 c’est bien, et 16 soupapes ça donne l’impression que ça va être « encore plus mieux » ! Pourtant, sur le papier les 120cv du TU5J4 (son petit nom de code) n’ébouriffent personne, à cylindrée équivalente c’est 5 petits chevaux de différence avec la 205 GTi et seulement 10 de plus que la Golf GTi de 1976, on serait presque déçu…. Et côté boite, c’est du classique 5 rapports dont on attend un étagement à la hauteur pour seconder le moteur et apporter un maximum de brio à l’ensemble.

La partie châssis, c’est un peu la spécialité « Maison », amortisseurs spécifiques, barres de torsion et barres anti-roulis plus fermes, les solutions techniques retenues sont simples mais éprouvées, ce sont surtout les réglages choisis par les ingénieurs qui lui donneront un caractère plus ou moins typé.

Côté freins, les jantes de 14 pouces cachent 4 disques dont 2 ventilés à l’avant, le tout pincé par des étriers on ne peut plus classiques, l’auto étant légère, ça peut suffire…

Chérie ! Tu me prêtes ta 106 ?

Une bouille sympa, des caractéristiques techniques mesurées, tout ça sent davantage le bon compromis que la sportivité revendiquée par les GTi de la génération précédente. Alors la meilleure façon de se faire une idée c’est encore de l’essayer ! Et quoi de mieux qu’une petite route ardéchoise pour juger des qualités dynamiques d’une bombinette ?

Dès les premiers tours de roues, le doute n’est plus permis, je conduis bien une Peugeot 106 ! Car à faible allure il faut être très attentif pour détecter les petits détails qui font la différence. Un amortissement ferme mais pas inconfortable, une direction assistée précise mais un peu lourde, un moteur qui ratatouille un poil au ralenti et un petit bruit métallique à l’échappement, pas de quoi resserrer son harnais avant le décompte de la spéciale…
Sous la barre des 4000trs/mn le moteur est agréable, suffisamment coupleux pour emmener avec facilité les 950Kgs (tout de même) de la voiture. Contrairement à sa réputation je ne le trouve pas spécialement creux à bas régimes…. Peut-être parce que j’ai pratiqué un peu trop longtemps les petites cylindrées Honda ou que je ne suis pas allé voir ce qui se passe au dessus de 4500trs/mn !

La route des gorges de l’Ardèche serpente sur 30kms dans un décor à couper le souffle, un environnement propice à la balade dans lequel la 106 est parfaitement à l’aise. Sans forcer, la précision de la direction fait merveille, le châssis suit sans sourciller les changements de trajectoires et incite à hausser le rythme, gentiment… progressivement…. Sans chatouiller son moteur, la petite S16 s’amuse des virolos, des cordes et autres petites bosses, sortant du cadre de la citadine bourgeoise et trop polie. Une invitation à profiter du petit bout droit qui se profile pour emmener la seconde un peu plus haut que d’habitude…. Et paf ! L’aiguille du compte tours passe la barre fatidique pour s’envoler dans la boite à gants, une montée en régimes accompagnée d’une sonorité à la fois métallique et rauque (amplifiée ici par l’admission en carbone, seule petite entorse à l’origine). Quel pied de flirter avec les 7500 Trs sur chaque rapport !

Autant sur le papier les valeurs de ce moteur ne faisaient pas rêver, autant en pratique on prend un vrai plaisir à le cravacher, avec cette impression d’en avoir plus que prévu sous le capot à chaque montée en régime ! Bon… il parait que sur un banc ce 16 soupapes a tendance à sortir un poil plus de 120cv et que les chronos sont eux aussi plus flatteurs dans la réalité que sur la fiche technique. Je vous dirais qu’on s’en moque…. ce 1,6L a la rage, et c’est tout ce qui compte !

Pour couronner le tout, la boite bien étagée participe au tempérament mécanique général, dommage qu’il y ait cette commande de boite un peu floue, malheureusement reconnue comme une petite marque de fabrique sochalienne….

Le châssis est au diapason, il permet d’exploiter pleinement le pétard qui est sous le capot, ça motrice bien (à ce propos les Yokohama S-Drive montés sur la voiture sont parfaits), ça mord la corde sans la lâcher, les infos remontent comme on aime au bout des mains et des pieds, à tel point que le mode d’emploi vient aussi naturellement que dans un Kart… Avec très peu d’inertie, quasiment tout se gère avec la pédale de gaz, on soulage pour faire tourner et on écrase pour raccrocher l’arrière, dans les enchaînements rapides, c’est tout simplement diabolique !
Et quand il faut taper dans les freins ? ça pince et ça encaisse avec, cerise sur le gâteau, un excellent feeling à la pédale.

Dans ces conditions, on prend vite confiance, le rythme s’accélère et l’on oublierait presque qu’on est au volant d’une auto avec un poids contenu mais surtout un empattement très court… Alors s’il faut se méfier d’un point, c’est du freinage en appui quand ça commence à aller vite, la peutiote engage vite de l’arrière surtout si le revêtement est moyen, et même en ligne avec un peu de volant le train arrière déjà bien léger ne demande qu’à twister….
L’amortissement d’origine n’avouera ses limites dans le serré et sur les gros freinages qu’en conduite vraiment extrême, de quoi inciter certains propriétaires à raffermir et rabaisser leur joujou pour en faire des kartings quasi-intouchables sur petites routes sinueuses, forcément au détriment de l’excellent compromis confort/efficacité d’origine.

Le point final

Quel plaisir de retrouver les sensations d’une vraie GTi au volant de cette 106 « S16 » (la dénomination GTi étant réservée aux marchés étrangers). On pourrait l’imaginer plutôt sage en la croisant dans la rue ou en s’arrêtant à la lecture de sa fiche technique, mais preuve est encore faite qu’avec une puissance mesurée et un châssis au top on obtient le cocktail plaisir par excellence.

Si la Golf a lancé le concept avec brio, la 205 l’a détrônée pendant près d’une décennie au milieu d’une horde de concurrentes affûtées prêtes à lui arracher sa couronne. Alors bien sûr la 106 S16 arrive quasiment après la bataille, mais de par sa compacité, son poids sous la tonne et son petit moteur rageur, elle réunit non seulement les ingrédients qui ont fait la recette du succès mais aussi les qualités de toutes celles qui ont ouvert la voie, une sorte d’aboutissement, de point final à la génération des petites bombes du siècle dernier.

Points fortsPoints faibles
– Sensations GTi ++
– Moteur rageur
– Châssis/motricité
– Direction assistée ferme et précise
– Freinage (feeling/mordant)
– Ligne sympa
– Freinage tendu à haute vitesse
– Commande de boite un peu floue
– Intérieur plus cossu que sportif…
– Rares en état d’origine
– Voiture de ma femme….

Sous un autre angle

Les liens utiles

Un forum dédié à la petite bombe de chez Peugeot, trucs, astuces, conseils, on trouve de tout ! https://www.106s16.net/forum/

Texte et photos – Stéphane Muguet

Stéphane Muguet
Passionné de Sport Automobile, de techniques de pilotage et de technologie, j’aime partager mais surtout échanger, car je reste convaincu que se remettre en question demeure la seule démarche pour progresser et avancer… Toujours plus vite !
https://www.driving-experience.fr

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